Du chaos confus de mes idées, une pensée blasphématore dont je ne peux me débarrasser germe dans mon esprit: l'amour qui lie l'humain à l'animal est meilleur que celui qui existe entre un homme et une femme. Meilleur, pas plus grand. C'est un amour désinterressé: l'humain ne veut rien de l'animal. Il n'exige même pas d'amour. C'est un amour sans toutes ces questions qui interrogent l'amour, le jaugent, le scrutent, l'examinent, peut-être le détruisent-elles dans l'oeuf. Si nous sommes incapables d'aimer, c'est peu-être parce que nous désirons être aimés, c'est-à-dire que nous voulons quelque chose de l'autre (l'amour), au lieu de venir à lui sans revendications et ne vouloir que sa simple présence.
Et encore une chose, l'homme accepte l'animal tel qu'il est et ne cherche pas à le changer à son image, il acquiesce d'avance à son univers de bête, il ne veut pas le lui confisquer, il n'est pas jaloux de ses penchants secrets. Si il l'a élevé ce n'est pas pour le changer (comme un homme veut changer sa femme et une femme son homme), mais uniquement pour lui enseigner le language élémentaire qui leur à permis de se comprendre et de vivre ensemble.
Mais surtout: aucun être humain ne peut faire à un autre l'offrande de l'idylle. Seul l'animal le peut. L'amour entre l'homme et l'animal est idyllique. c'est un amour sans conflits, sans scènes déchirantes, sans évolution.
Et c'est pour cela qu'il est si dangereux de changer l'animal en machine animée et de faire de la vache un automate à produire du lait: l'homme coupe ainsi le fil qui le rattachait au Paradis, et rien ne pourra l'arrêter ni le réconforter dans son vol à travers le vide du temps.